Apprendre

Apprendre : Acquérir par l’étude, par la pratique, par l’expérience une connaissance, un savoir-faire, quelque chose d’utile.

Pour cette rentrée, je vous propose de débuter par un thème qui a entrainé de grands débats : l’apprentissage de l’écriture. Rassurez-vous, il n’y aura pas d’interro surprise à la fin. Promis. Ce sujet a défoulé les passions (et j’en suis ravie). Pour construire cet article,  j’ai choisi de reprendre les différents arguments.

Point 1 : on nait écrivain (ou pas)

Le débat entre l’innée et l’acquis, passionne les scientifiques, les philosophes (et moi) depuis toujours.

Malheureusement à moins de bidouiller dans le cerveau d’un nouveau-né (beurk) difficile d’avoir une réponse claire et définitive.

Évidemment, nous n’allons pas faire ça, parce que beurk. Mais essayons quand même de comprendre comment cela fonctionne pour l’écriture.

Je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’un bébé ne sait pas écrire. Et par écrire, j’entends : tenir un stylo dans sa main et dessiner des lettres qui forment des mots.

Sauf que l’écriture, c’est bien plus que ça. L’écriture s’est : inventer une histoire.

Donc la vraie question que l’on devrait se poser est : est-ce qu’un enfant est capable de raconter ce qu’il crée dans sa tête ?

Indéniablement la réponse est oui. Il suffit de discuter (ou d’écouter) un tout petit pour voir que son imagination tourne à plein régime.

Donc pour ce point, on va conclure que l’imagination est innée. Et donc qu’elle peut se développer, mais qu’elle ne s’apprend pas.

Point 2 : La grammaire, l’orthographe et la conjugaison

J’ai une option très tranchée sur le sujet donc je ne vais pas me lancer dans une grande explication.

On apprend grammaire, orthographe et autres barbaries du genre sur les bancs de l’école.

Donc ça s’apprend ! (Plus difficilement pour certains, je vous l’accorde.)

Point 3 : Le vocabulaire

Ce que j’entends par là, c’est la liste des mots que l’on connaît. Je trouve ce point très important. La richesse de notre vocabulaire fera la richesse de notre écriture.

Voici quelques chiffres que je trouve intéressant de mettre en lien avec les réponses que l’on m’a faites sur le sujet.

Ces données viennent d’un article écrit par Alain Lieury dans Cerveau et Psycho n°34.

Âge / Classe Nombre de mots connus
12 – 18 mois 20
2 ans 300
CE1 4000
CM2 9000
Sixième 11 500
Troisième 26 000

J’ai demandé sur twitter si on apprenait à écrire ? Et les réponses que j’ai eues allaient toutes dans le même sens : oui… en lisant ! L’écriture est donc pour beaucoup liée à la lecture.

J’avoue que je suis moins radicale sur le sujet. Je m’explique. Je ne pense pas qu’en lisant on apprenne les schémas narratifs, et encore moins les règles grammaticales. En revanche, la lecture apporte indéniablement un truc : du vocabulaire.

Et ce qu’il y a de bien quand on connaît plein de mots (outre le fait d’éviter les répétitions) c’est qu’on peut s’amuser avec leur sens. Créer du mystère. Faire douter le lecteur. Le faire rire même. Ou le faire frissonner de peur. Les mots sont la base de l’écriture. Et plus on en connaît, plus notre base est solide.

Donc pour ce point, je ne vais pas dire qu’on apprend du vocabulaire. En revanche, on peut l’enrichir (en lisant).

Point 4 : Le style

Pour tout vous dire, ce point me pose problème. J’ai découvert qu’on utilisait ce mot pour dire des choses différentes. Difficile donc d’en parler avant de se mettre d’accord sur sa signification. Autrement dit «sytle» va prochainement devenir un mot emmêlé.

Mais en attendant, nous avons ce mot à finir. Peut-on apprendre le style ? Grande question. Personnellement, je ne crois pas. Je pense que c’est comme la personnalité. Chacun a la sienne. Elle se développe et se modifie avec le temps. 

Pour moi, le style c’est pareil. On a tous le nôtre. Mais celui-ci va évoluer et se transformer. 

Personnellement, je ne pense pas qu’il s’apprenne. Peut-être que j’ai tort ou peut-être pas. Qui sait ?

Point 5 : les règles d’écriture

Mettons de côté les règles grammaticales et ses 20 000 exceptions, pour parler des règles d’écriture.

Bon déjà, on va arrêter de les appeler des règles. Je déteste ça. Sinon ça signifierait que je tiens un blog qui dit ce que l’on doit faire et ne pas faire, et ça je refuse catégoriquement. Non, ici vous trouverez des astuces, voire des conseils, mais certainement pas des règles à suivre.

Pour moi, tous les conseils que l’on trouve (notamment sur ce blog) sont des outils. Et plus on a d’outils dans sa boite à outils, plus on est paré face aux aléas du quotidien des écrivains. On n’a pas besoin d’un marteau ou d’une clé à molette en permanence. Mais c’est quand même bien de les avoir sous la main. Juste au cas où.

Effectivement, ces techniques s’apprennent. Difficile de dire le contraire. Certaines sont même au programme de toutes les écoles. Ce qui fait la différence selon moi, c’est la façon dont on choisit ou pas de les utiliser.

Je vous donne un exemple.

Une phrase = sujet + verbe + complément. Ça, c’est la base. Mais si je décide d’écrire en faisant complément + sujet + verbe, est-ce que la police des phrases va venir me confisquer mon stylo ? Et si votre style c’était justement d’être complètement en décalage. Et si, tout votre talent d’auteur c’était de faire les choses autrement et de le faire bien.

Un auteur raconte une histoire. À partir du moment où le lecteur comprend votre histoire, la façon dont vous choisissez de la raconter, est-ce vraiment important ?

Je vous laisse méditer sur la question. (Et me donner vos conclusions en commentaires)

À bientôt sur l’encre, Amy

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. A.J. dit :

    Juste un point qui a attiré mon attention sur l’imagination et la façon de la transmettre chez les enfants. Ce n’est pas plus inné que de savoir parler, lire ou écrire, cela s’apprend. Organiser ses pensées en suites logiques et les ordonner temporellement pour les rendre compréhensibles est un exercice auquel la plupart des adultes sont rompus (et encore…), mais chez les jeunes enfants, c’est en apprentissage. Peu amené à le faire, un enfant verra la « traduction » du monde imaginaire qui vit en lui se développer avec difficulté. C’est cela aussi qui fera la différence entre les auteurs, cette capacité à retranscrire en texte leurs idées. Autrement dit, l’éveil par la communication est aussi une clef pour apprendre l’écriture.

    https://i.imgur.com/KsWQJjn.png

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