Créer un roman 3

Planification

Avant de rentrer dans le vif du sujet, une petite confession : je déteste les plans. Voilà c’est dit. Pourtant j’en fais quand même un. Je sais, c’est paradoxal. La vérité, c’est que sans plan, mon histoire n’avance pas. Ou plutôt c’est moi qui n’avance pas. Toutes les 2 scènes, je me mets à réfléchir à la suite, je change 20 fois d’idées, je traine. Et au final, je n’écris rien.

Le plan me sert donc de bouée de sauvetage au milieu de ma tempête d’idée.

Pour rendre cette partie la plus efficace possible et surtout la moins pénible possible, j’ai élaboré une petite méthode. Simple et rapide. Vous êtes prêts ? Alors c’est parti pour la méthode à Amy.

Les chiffres

Ce n’est pas la première fois que je vous fais le coup, vous devriez n’être que moyennement surpris. Pour commencer, on sort la calculette. Je sais, c’est bizarre comme façon de planifier un roman. J’ai jamais dit que ma méthode était logique, j’ai dit qu’elle était simple et efficace.

Bon, je vous explique quand même pourquoi la calculette est utile.

Si vous prévoyiez d’écrire un roman de 100 pages ou un de 1000 pages, le nombre d’actions a l’intérieur ne sera pas tout à fait le même. Or, le but de la séance d’aujourd’hui c’est de planifier ces actions, alors autant savoir combien on a besoin d’en planifier.

Les mots

A partir de maintenant et jusqu’à la publication de votre histoire, nous ne parlerons plus qu’en mots. Pourquoi ?

Vous vous souvenez à l’école, des conversions des secondes en minutes et vice versa ? Moi, oui. C’était l’horreur.

Si on parle en mots, c’est pour que tout le monde ait la même unité. Le nombre de pages varie tellement selon les marges et la typographie que les mots sont la valeur la plus sûre.

Avant de passer au calcul quelques informations.

On considère qu’un roman fait 40 000 mots minimum. En dessous on parle de nouvelles.

Mais le chiffre qui nous intéresse aujourd’hui c’est celui-ci :

1 page = 250 mots.

A vous de faire vos calculs.

Bien évidemment, le chiffre que vous allez obtenir est une indication. Personne ne viendra vous hurlez dessus, si vous faite moins ou plus.

Prenons un exemple.

Disons que vous souhaitez écrire un roman de 300 pages, à 250 mots la page, cela fait 75 000 mots le roman. (Non ce n’est pas du tout la taille de mon roman et non il ne fait pas 450 pages à cause de la mise en page…enfin peut-être que si, mais chut).

Bref vous avez compris l’idée, si vous voulez écrire un pavé de 1000 pages ou un petit livre de 200 pages, vous multipliez par 250 et vous obtenez votre nombre de mots moyen.

Faire un plan

Bon maintenant qu’on a fini de jouer les mathématiciens, on range les calculettes et on sort les post-it. Autant vous prévenir de suite, ma méthode de planification implique BEAUCOUP de post-it. Il faudra aussi un stylo pour écrire dessus. 😉 Enfin je dis ça je dis rien.

Vous avez remarqué (ou pas), je n’ai pas parlé de chapitre. C’est normal. Moi je parle en scènes. J’écris en scène. Je mets en scène. Bref en scène.

Vous allez voir c’est compliqué :

1 événement = 1 scène.

🙂

Les scènes clés

Prenez vos post-its (et votre stylo) et notez les évènements majeurs de votre récit. Mais genre LE événement. L’attaque de zombie. L’invasion d’aliens. Le coup de foudre (entre le zombie et l’alien évidemment ;))

Bref, les gros trucs. Je ne parle pas de la petite pluie qui mouille, je parle du déluge qui engloutie toute la ville. A cette étape, on voit grand. Il n’est pas nécessaire d’avoir 50 éléments. Au contraire.

Faisons une petite minute cours de français. Ce que j’appelle événement clé, les experts de la littérature les appellent : situation initiale, élément déclencheur, péripéties, dénouement, situation finale. Fin du cours. Revenons à nos moutons : les événements clés.

Pas de prise de tête, on prend des post-it,on note déluge dessus et voilà. Enfin, si c’est une attaque de zombie, ne marquait pas déluge hein. 😉

Les événements intermédiaires

Comme je suis super méga original, les événements intermédiaires se sont les événements entre les événements clés, les intermédiaires quoi. Bon d’accord, originalité zéro. 😉

Pour faire simple, on rajoute des événements à l’histoire.

Disons que vous écrivez une romance (d’avance je m’excuse pour la simplification extrêmement clichée.)

Les événements clés vont être : ils se rencontrent, ils tombent amoureux, ils se disputent, ils se réconcilient, ils vécurent heureux.

Les évènements intermédiaires pourraient être : ils vont à leur premier rendez-vous, ils rencontrent les parents, l’ex débarque, ….

Je sais c’est cliché, désolée, c’était pour l’exemple.

Combler les trous

On reste dans le coté original avec un titre tout aussi original.

En clair : que s’est-il passé entre le post-it A et le post-it B ? Qu’est-ce qui a provoqué le post-it B ?

Vous me suivez ? Bon d’accord c’était pas très clair, je vous donne un exemple.

Votre alien et votre zombie se rencontrent. Ok, ça c’est l’événement B.

L’évènement A, c’est l’invasion.

Entre les deux, il s’est passé quoi ? Comment un alien qui vit dans son vaisseau d’alien se retrouve-t-il au même endroit qu’un zombie ?

C’est ça le comblage de trous. Déterminer tout ce qu’il se passe entre les événements.

La calculette le retour

Pour moi, une scène se situe entre 1500 et 2000 mots. Mais rien ne vous oblige à faire pareil.

Reprenons l’exemple de Lux. Je vous l’ai dit, j’avais prévu d’écrire 75 000 mots. J’ai donc fait un calcul simple.

75000 : 1500 = 50 scènes.

Dans la réalité, j’en ai écrit 45. Certaines étant plus près des 2500 mots que des 1000. Bref. Quand j’ai fait mon plan, je savais avant d’attraper mon stylo, que j’aurais besoin de 50 post-it.

C’est très mathématique comme approche, mais cela me permet de structurer tout mon récit.

Mais…

C’est une base de travail. C’est comme les plans d’une maison. Cela me dit où vont être les murs, mais pas la couleur de ceux-ci. C’est un support sur lequel je m’appuie en cas de blocage, de doute. Ce n’est en aucun cas, une notice explication à suivre à la lettre.

Un plan est fait pour évoluer. Il va changer en cours de route. Pas de panique. Il est là pour vous donner une direction, pas pour vous dire comment il faut faire. Vous pouvez très bien ne planifier qu’une partie de l’histoire et rajouter des post-it au fur et à mesure. On est écrivain, pas architecte. S’il manque une ligne, la maison va pas s’effondrer. Alors on prend une grande inspiration et on se relaxe.

Imaginez mes post-it comme des panneaux sur la route (pas ce qui donne la vitesse, hein – ce qui donne la direction). Vous pouvez prévoir de prendre la nationale pour visiter du pays. Et puis soudain décider que l’autoroute c’est plus rapide. Mince un bouchon, on passe à la départementale. Un petit creux, un arrêt au resto.

Vous voyiez l’idée ? Tant que vous continuez d’avancer vers votre objectif, qu’importe le chemin.

A bientôt sur l’encre, Amy

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Chez Mélanie dit :

    …. bon je crois que je vais encore te citer dans mon post hebdomadaire!

    Plus sérieusement, c’est une méthode rationnelle qui me conviendrait bien, surtout cette histoire de post-it, mais moins les maths. Cependant le maillage m’aiderait… j’ai d’ailleurs commencé pour la suite de la nouvelle que j’ai commencée en avril. Mais j’ai du mal à mettre les scènes intermédiaires , je bloque, peur de trop m’enfermer, je ne sais pas, mais je repousse toujours…

    1. Amy Mackenzie dit :

      Ohhhh merciiii !!!!

      L’avantage des post-it, c’est que tu n’as pas la place de trop écrire. Ça t’oblige à aller à l’essentiel. Après rien ne t’impose de faire un post-it par scènes. Si toi ce qui te convient c’est d’avoir que les grandes lignes de prévu, pourquoi pas.

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