Lecteur

Nous avons parlé de beaucoup de choses dans les mots emmêlés mais nous n’avons pas encore abordé un thème essentiel en matière d’écriture :

Le lecteur

Il y a quelques semaines, on abordait le sujet de ce qu’était un auteur. J’ai tourné et retourné la question dans ma tête, une seule réponse s’impose à mes yeux : un auteur c’est quelqu’un qui est lu. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi l’auto-édition.

Écrire un processus…un long processus. Celui-ci commence avec une idée et se termine par un étranger refermant votre livre.

Je pense que lorsqu’on écrit, il ne faut pas se préoccuper du lecteur. On ne peut pas plaire à tout le monde. Et écrire en essayant de le faire est, pour moi, une erreur.

Certaines aiment les dialogues, d’autres détestent les descriptions (oups, pardon, c’est pareil, je l’ai presque pas fait exprès). Certain aime le présent, d’autre le passé, certain le « je », d’autre le « il/elle ». Bref, il y a autant de gouts, qu’il y a des couleurs. Donc je suis d’avis d’écrire d’abord pour soi.

Mais

(vous commencez à connaitre la chanson, il y a toujours un mais)

Le lecteur fait partie du processus. Il ne faudrait donc pas l’oublier.

Ce qui m’amène à une chose capitale pour moi .

Le deal

(A prononcer avec l’accent anglais, ça fait plus classe) 🙂

Quand vous présentez votre livre au monde, un lien secret et invisible se crée avec chaque personne qui le lira. Voilà cher lecteur, je te promets que dans mon livre, il se passera ça.

Je vais vous donner un exemple, ça sera plus parlant.

Vous êtes au cinéma. Vous êtes arrivés là un peu par hasard (il faisait trop chaud dehors – par exemple ;)). Vous n’avez pas la moindre idée des films qui sont diffusés et encore moins de quoi ils parlent. Tout ce que vous avez c’est une affiche et du pop-corn. (C’est très important le pop-corn).

Donc vous demandez au très gentil monsieur du guichet, c’est quel genre de film. Il ne faudrait pas tomber sur un documentaire sur la canicule. 🙂 Et donc, le gentil monsieur vous répond « oh ça ma p’tite dame c’est une comédie ».

Et là, à cette microseconde précise, le lien du deal se crée. Comédie veut dire que vous allez rire, ou au minimum sourire. C’est ce que les gens du film vous ont promis. Rire.

Et là, il peut se passer deux choses, hormis le fait que ça soit un navet (les gouts et les couleurs ça marche aussi pour les légumes). Bref, je disais.

Option 1 : le film vous fait rire. Contrat rempli. Tout va bien. Vous rentrez chez vous avec l’estomac plein de grain de maïs qui font pop et le sourire aux lèvres.

Et puis il y a l’option 2 : le film n’était pas drôle. Je ne dis pas qu’il était mauvais, je dis qu’il n’était pas drôle. C’était le thriller du siècle. Vous êtes resté les fesses collées au bord du siège toute la scène. Le film était génial.

Oui mais, ce n’est pas du tout ce pour quoi vous avez signé. Vous vous êtes venus là pour rire. Le contrat a été rompu, le deal est tombé à l’eau. C’est la catastrophe.

Ce que j’appelle le deal, c’est ça. Avec votre couverture, avec votre résumé, avec votre premier chapitre vous faites une promesse aux lecteurs. Que votre livre soit bon ou pas, là n’est pas la question, ce qui importe c’est que cette promesse soit tenue.

Vous promettez de trouver le vilain assassin de la page 1. Le lecteur ferme le livre 400 pages plus tard sans savoir qui est le vilain. Aie !

Vous promettez de la magie et des contes de fées, et la seule chose un peu féérique se sont les dessins sur la couverture. Ouille !

Vous promettez au lecteur de le faire rire avec un prolonge digne des meilleurs comédies, puis le chapitre 1 se transforme en séance de torture, carnage assuré.

Ceci ce n’est pas juste une anecdote. Ça m’est déjà arrivé, plusieurs fois. Ce mignon et magnifique prologue qui vous vend toute une histoire. Histoire que vous ne trouverez jamais dans les pages du livre.

C’est horrible. On se sent trahi. Ce livre peut être le meilleur livre du monde, si le deal est rompu, tout ce dont vous vous souviendrez c’est de l’amertume qu’il vous a laissé.

Donc mon conseil du jour, écrivez ce qu’il vous plait. Ne vous enfermez pendant des heures et des heures seules avec votre histoire pour écrire un truc que vous n’aimez pas.

Mais …

N’oubliez jamais que quelqu’un lira votre histoire, n’écrivez pas pour lui, mais surtout ne lui faites pas de promesses que vous ne pourrez tenir.

Pour le reste vous savez ce qu’on dit, les gouts et les couleurs ….

A bientôt sur l’encre, Amy

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